Bonne nouvelle : le livre papier résiste au numérique !

Publié le Publié dans eBook
Visuel blog 12

Bonne nouvelle : le livre papier résiste au numérique !

Vraiment ?
A en croire certains site web ou une twittosphère qui embrasse le numérique pour mieux le descendre, la messe est dite. Et de brandir la dernière preuve irréfutable : l’étude de l’ARCEP sur les usages numériques en 2015.
Dans cette étude, il est clairement indiqué que 72% des personnes interrogées ne lisent pas et n’envisagent pas de lire en numérique ! Près de 3 sur 4, quand même.
 
Du coup, la riposte s’organise, et les tenants du numérique improvise des sondages à la va-vite pour dire que les gens n’achètent pas de numérique, mais ils en consomment… ou du moins, ils en piratent ! Hmm...
 
Soyons clairs : le chiffre de 72% est exact. Mais un chiffre seul ne dit pas tout, surtout sorti de son contexte. Pour cela, il suffit de lire l’étude de l’ARCEP. 170 de bonheur statistiques, mais rassurez-vous, celle concernant le livre numérique ne s’étend que sur 4 malheureuses pages (p112 à 116), avec moults dessins et diagrammes à l’appui.
 
 
Je vous encourage à les lire si le sujet vous passionne et que vous avez 5 minutes, mais sinon, voici quelques éléments qui viennent un peu nuancer les affirmations péremptoires des uns et des autres :
  • " Le nombre de lecteurs de livres numériques demeure faible mais augmente rapidement. Il a doublé en quatre ans",
  • "L’âge est un facteur primordial dans la pratique et l’intérêt porté aux livres numériques." : sans surprise, les jeunes, étudiants et actifs sont les plus favorables avec 13% de lecteurs déjà numériques et 30% qui envisagent de le devenir. Et oui, cumulé, ça fait presque une personne sur deux
Acceptation livre numérique par âge
 
De l’autre coté de la pyramide des âges, nos chers séniors restent réfractaires aux usages numériques en général (sans surprise la proportion d’acceptation du livre numérique est sensiblement aussi bas que celui de la consommation de vidéo ou de musique sur Internet). Et c’est justement ce segment qui fait monter le taux de refus du livre numérique à 72% !
  • Le diplôme et les revenus sont également des éléments de différenciations importants : plus on a fait d’études et/ou plus on gagne bien sa vie, plus le livre numérique s’impose comme une évidence.
 
La conclusion de l’ARCEP est bien moins sensationnelle et plus nuancée qu’un tweet. Le chiffre annoncé est une moyenne globale, plombée par les personnes âgées qui bien entendu ne sont pas la cible des technologies numérique. Il fournit surtout un magnifique trompe-l’oeil sur une évolution en constante (même si somme toute modeste) progression, et qui sans l’ombre d’un doute est amenée à devenir la norme dans les années qui viennent.
 
 
A mon sens, au-delà des polémiques, le chiffre qui m'interpelle le plus est ces fameux 30% d'utilisateurs qui sont prêts à lire en numérique mais qui ne le font pas encore (contre 13% qui ont franchi le pas). Cette proportion me semble tellement importante que l'on ne peut s'empêcher de se demander ce qui "empêche" ce passage à l'acte. C'est sans doute plus sur cet aspect, sur les facteurs de cette résistance, qu'il faut s'interroger que sur le pourcentage global qui au final ne signifie pas grand chose.