Témoignage : journée des influenceurs littéraires

Publié le Publié dans eBook, Innovation, Salon, start-up

Première édition des influenceurs littéraires

 

Samedi 20 mai, la société d’auto-édition Publishroom organisait la première journée des influenceurs littéraires à l’hôtel Le Pavillon des Lettres de Paris. Un public composé de plus de 70 blogueuses et blogueurs venus de toute la France s’était déplacé pour découvrir les start-up présentes et leurs concepts innovants. Via Fabula était invitée.

 
Récit d'une journée, par Aurélie :

« C’est le grand jour ! J’ai rendez-vous à Publishroom pour la première édition de la journée des influenceurs littéraires, on s’y prépare depuis un mois…

Je n’ai pas l’habitude de présenter la société à une assemblée et encore moins de me déplacer dans la grande ville. D’habitude c’est Bruno, le PDG, qui se charge de pitcher, il connaît sa présentation, il sait comment retenir l’attention des gens sans les perdre, aller à l’essentiel. Moi, je sais vendre en tête à tête, capter une personne, repérer ce qu’elle ne comprend pas, ce qui l’intéresse particulièrement et adapter mon discours.

Heureusement, je ne serai pas seule, là-bas, je vais retrouver Tania, notre chargée de communication, ça me rassure.

Bruno a balancé la dernière version Beta de notre appli hier soir. Cela fait deux mois que nous la développons nuit et jour. Elle n’est pas encore finalisée mais on doit la montrer, car il faut présenter du concret. Pour moi, c’est hyper important d’avoir des retours d’utilisateurs.

Je teste 2h avant de partir. Hummmm… je suis sur l’écran de connexion de l’appli et je n’arrive pas à me connecter avec FB, je ne peux pas avoir accès au catalogue, je ne peux donc présenter aucun livre.
 

« Je suis hyper stressée »

J’alerte l’équipe via la messagerie Slack pour le dire.

Rémy, notre développeur, me répond aussitôt.

Il m’appelle, je suis hyper stressée.

Il me rassure et me dit que l’important c’est le fonctionnement de mon scénario pour Publishroom et, si certains éléments ne marchent pas, il suffit de ne pas les utiliser.

Je me connecte alors avec un compte mail et là, soulagement, ça marche !

Rémy a raison mais comme je suis à deux heures du moment fatidique : je panique. Heureusement, il me fait prendre du recul. Je ne sais pas comment ça se passe chez les autres, mais chez nous, quand c’est la première fois, on est toujours à l’arrache ! La deuxième, forcément beaucoup plus préparés, on est souvent bien meilleurs. ^^

J’ai rendez-vous à 13h, je quitte ma location Airbnb 30 minutes avant. En rentrant dans le métro, je calcule le temps entre chaque station : c’est sûr, je vais être en retard. Il va me manquer 15 minutes, mais avec un peu de bol, les gens auront mis un peu de temps à s’installer…

Je sors du métro, le GPS de mon téléphone déconne, #JaiLaPoisse. C’est toujours comme ça quand tu n’es déjà pas en avance sur ton timing.

Message de Tania sur mon téléphone : Je vais être en retard, mon train n’est pas arrivé à l’heure ! #AuSecoursCestLaLoose.

Bon, 7 minutes me séparent de la station de métro au lieu de l’événement : il faut que je me dépêche.

J’arrive en nage devant l’hôtel 4 étoiles où nous avons rendez-vous.

Une charmante jeune fille me demande quelle blogueuse je suis. J’annonce mon nom et lui précise que je représente la société Via Fabula.

– Ah, c’est vous ! C’est ici, nous avons un peu investi votre table…

Je tourne la tête, tous les prestataires sont installés dans une pièce en couloir vitrée sur un côté et une banquette sur toute la longueur sur laquelle tout le monde est aligné. Chacun a une toute petite table ronde devant lui avec ses différents produits. Tout le monde est installé, discute avec les bloggeuses. Seule la table que la jeune femme m’a désignée attend que je l’investisse, elle est recouverte de verres d’eau et de tasses à café ! Il va falloir que je m’installe et déranger les breuvages de tout le monde… Bien fait pour moi, je n’avais qu’à arriver à l’heure !

Je suis entourée par deux personnes : un jeune homme qui présente ses illustrations, - c’est lui, Désinvolte Paris, qui a réalisé l’affiche et tous les visuels de l’événement – et Christel Le Coq, fondatrice de B.Sensory, une start-up qui réalise des livres numériques érotiques accompagnés d’un sextoy qui réagit en fonction du texte.

Bien sûr, je n’ai rien à poser sur la table, je n’ai rien pris puisque j’effectuais le voyage en avion, tout est dans le sac de Tania ! Je n’ai que mon téléphone, alors bien sûr, les gens ne s’arrêtent pas… Rien de bien grave, j’observe mes voisins et m’intéresse à leur discours : comment vendent-ils leurs projets ?

Après 5 ou 10 minutes de solitude, Tania arrive. Youhou ! On va pouvoir commencer. Un peu paniquées, on sort tout, on se dépêche, on ne regarde plus ce qu’il se passe autour et on pitche !

Ma voisine Christel me fait gentiment remarquer qu’on fait un peu de bruit. #TesPasTouteSeule. Au fond de la pièce, je remarque beaucoup de monde, réuni dans un espace rond : Sabrina Grimaldi, fondatrice de Publishroom, présente sa société et le programme de l’après-midi. Arg ! Il va falloir que je me calme, ça m’évitera de faire des bourdes ! J’arrête de parler, j’écoute et je me recentre.

Sabrina vient nous chercher, Christel Le Coq et moi, pour la présentation de nos start-up respectives. Je demande à Tania de m’accompagner. Si je me loupe ou si je ne suis pas assez claire, elle rattrapera le coup - toujours avoir une porte de secours.

Je commence ma présentation devant une quarantaine de personne et, pendant que je parle, mon cœur bat à 200 pulsations par minute. Je me rappelle ma formation « parler en public » : « regarde tout le monde, capte leur regard, parle avec les mains pour rendre ton discours plus vivant, souris car tu es contente d’être là et évite la danse de l’ours (certains comprendront) ! »

Je m’en sors plutôt bien dans mes explications mais il manque des mots-clefs que Tania présente et explique : « livres adaptatifs » et « livres à effets ». On voit que la demoiselle a bien travaillé sa com’, elle explique cela très bien, avec les mots qu’il faut. Comme rien ne vaut une démonstration, elle a pris la tablette pour montrer l’appli et appuyer son discours. Je suis rassurée, je crois que les gens ont saisi le principe de notre start up !

Retour à table, les gens viennent nous voir, ils ont l’air très intéressé.

 
« J’aime aller à la rencontre du public,
il nous rebooste dans les moments de doute »

Je laisse Tania discuter avec les blogueuses un instant pour écouter le témoignage d’une auteure. Elle évoque son expérience passée avec une maison d’édition - à compte d’auteur – et le constat est sans appel : aucune relecture de ses textes, impression avec des fautes, et en plus on lui a demandé de l’argent pour ça !

Ça me rassure, je me dis que nous sommes finalement bien plus pro’ que cela et que nous avons le mérite de respecter nos auteurs : chez Via Fabula, tous les membres de l’équipe relisent tous les textes parus et Lucie s’occupe spécifiquement des tâches éditoriales (corrections, relectures, recherche des enrichissements sonores…).

 

Je parle avec Christel et je lui demande comment fonctionne son appli. Elle me met le sextoy dans les mains et me fait lire le texte pour me montrer le principe. Je suis étonnée de voir que B.Sensory en est déjà à 300 titres publiés. Elle m’explique qu’elle a pu récupérer des livres d’éditeurs de littérature érotique comme La Musardine et que le sextoy a été connecté à ces textes afin de créer une expérience nouvelle.

Sabrina vient me chercher, ainsi que Christel, pour expliquer comment certaines start-up innovent dans la littérature numérique. Je suis surprise de voir à quel point le discours de Christel et ses problématiques sont proches des nôtres : augmenter les sensations, permettre une expérience personnalisée de la lecture.  En soi, prendre un livre, le transformer en PDF, ça ne nous intéresse pas. C’est aussi rassurant de constater que d’autres éditeurs ont des démarches semblables, cela prouve que nous nous ne sommes pas seuls à mener une réflexion audacieuse autour de la lecture numérique.

Notre point commun avec Christel, c’est de choisir l’immersion pour développer nos concepts de lecture. B.Sensory choisit des bouts de textes sur lesquels est paramétré le sextoy : vibration cadencées, vibrations qui augmentent au fur et à mesure, etc. Et l’utilisatrice a le choix de changer ces paramètres.

Quant à moi, j’axe beaucoup notre démarche en fonction des retours utilisateurs car faire un livre numérique innovant amène sans cesse des problématiques auxquelles on ne pense pas toujours. J’explique que pour inciter à la relecture, nous avons par exemple créé un système d’avance rapide sur nos livres à la manière du « previously » des séries TV ou encore une série de cartes de lecture variées pour les enfants afin de les amener à découvrir toutes les histoires d’Imagica.

Cette présentation a séduit beaucoup de blogueuses qui s’intéressent aux applications pour enfants. « C’est génial ! » nous déclarent certaines d’entre-elles « votre livre est de grande qualité, aussi bien visuellement que par les textes. Enfin un livre qui capte les enfants et qui les motive à la lecture ! ».

C’est pour tout cela que j’aime aller à la rencontre du public, il nous rebooste dans les moments de doute.

La fin de l’après-midi approche, je regarde les sacs remplis des cadeaux offerts par les éditeurs aux blogueuses et me demande si ce que nous avons réalisé est aussi bien que ce que les autres ont fait... Je vais voir la personne qui s’occupe de la distribution et je lui demande si je peux jeter un coup d’œil. Nous avons réalisé des marque-pages originaux, avec un pliage en origami. La demoiselle me rassure tout de suite, les organisateurs les ont trouvés mignons et originaux. J’inspecte le contenu du sac cadeau : des marque-pages rectangulaires classiques, un bon de réduction sur le sextoy B.Sensory, 2 livres édités par Publishroom - dont un qui m’a fait beaucoup rire [Délicieusement Désinvolte de Morgane Badaboum], des posters à message « sauvez un auteur, dévorez un livre ». Tout va bien, notre cadeau est original et marquant.

La journée s’achève. Nous repartons avec les ondes positives des personnes qui ont adoré notre projet, quelques ventes de nos cartes de lecture pour enfants enregistrées et plein de cartes de visite.

Il est 18h, je suis vidée. Chargée comme une mule, je repars moi aussi avec un sac cadeaux. Je vais rejoindre mes enfants au Disney Store des Champs-Elysées. Je m’assois sur un banc à côté d’une jeune fille qui fume absorbée par son téléphone. Moi qui rêve d’une cigarette… Alors je lui demande si elle aime lire.

– Oui beaucoup.

Je lui dis :

– Alors je vous offre un marque page Via fabula et vous m’offrez une cigarette, vous allez voir ils sont originaux.

Elle est gênée, elle préfère me donner une cigarette sans rien en retour. J’insiste, elle est curieuse de savoir ce qu’est Via Fabula. Je lui explique que c’est ma start-up, qu’on fait des livres innovants. Elle me remercie beaucoup, le marque page lui plaît. Lorsqu’on gère une start-up, on ne s’arrête jamais… et on en parle à tout le monde — même le samedi soir après une semaine de travail de 6 jours.

Mon cher et tendre et mes enfants arrivent, trop contents de me retrouver. Apaisée par leurs câlins, je m’engouffre dans le magasin avec eux. »